Ce que la médiation peut apporter
On peut être excellent dans son métier, maîtriser ses dossiers, connaître son marché, savoir prendre des décisions, et se retrouver pourtant démuni face à un collaborateur qui se ferme, deux personnes qui ne parviennent plus à travailler ensemble, une tension qui s’installe dans l’équipe ou une information essentielle qui ne remonte plus.
Dès lors que l’on dirige une entreprise, manage une équipe ou exerce une responsabilité sur d’autres personnes, une autre compétence entre en jeu : savoir comprendre ce qui se passe dans les relations humaines.
Une compétence rarement enseignée. Et pourtant sollicitée presque quotidiennement.
C’est précisément sur ce terrain que la médiation a beaucoup à apporter.
Avec une nouvelle formation proposée par le CIMA, Delphine Bressy-Ränsch ne cherche pas à transformer dirigeants et managers en médiateurs. Elle leur propose plutôt de s’approprier ce que la médiation sait particulièrement bien faire : écouter, décoder une situation relationnelle, identifier ce qui se joue derrière les positions de chacun et retrouver une capacité d’action.
Une façon, aussi, de faire vivre l’une des ambitions du CIMA : transmettre la culture de la médiation au-delà du cercle des médiateurs.
Nous avons échangé avec Delphine Bressy-Ränsch sur cette conviction et sur la formation qu’elle a imaginée.
Pourquoi faire de la qualité des relations humaines une compétence à part entière du dirigeant ou du manager ?
Delphine Bressy-Ränsch (D. B.-R.) : Parce que le terrain nous y amène.
J’ai commencé à travailler sur ces questions il y a plusieurs années, avec une formation initialement destinée aux professionnels des ressources humaines. Et progressivement, ce sont eux qui m’ont demandé d’aller plus loin : « Il faudrait que nos managers soient formés à cela. » Puis les directeurs. Et c’était révélateur d’un besoin plus largement partagé.
À partir du moment où une personne exerce une responsabilité sur d’autres individus, elle est attendue sur la gestion des tensions, bien sûr, mais pas seulement. Elle l’est aussi sur la confiance, la communication, la motivation, la qualité des relations au sein de son équipe. Or, on peut avoir appris à gérer un budget, piloter une activité ou développer une expertise métier sans avoir jamais réellement appris à lire ce qui se joue entre deux personnes.
« Avoir des clés de compréhension de la relation humaine, c’est pouvoir agir et se positionner au mieux plutôt que subir une situation. »
On pense spontanément à la médiation lorsqu’un conflit est déjà installé. Pourquoi en transmettre les outils à des managers et dirigeants ?
D. B.-R. : Justement parce que la médiation ne nous apprend pas uniquement à intervenir lorsqu’un conflit a éclaté. Elle nous apprend à regarder autrement une relation.
Derrière un désaccord apparent, il peut y avoir des ressentis, des émotions, des besoins qui ne sont pas exprimés. Tant qu’on reste uniquement sur les positions, « je veux ceci », « je refuse cela », une partie de la situation nous échappe.
La médiation permet d’aller chercher ce qui se joue derrière. C’est pour cela qu’elle constitue le socle de cette formation. Elle donne des clés pour clarifier une relation, prévenir ou résoudre des tensions, mais également pour créer les conditions d’une relation de confiance.
Et nous allons plus loin en croisant cette approche avec d’autres apports : intelligence collective, développement personnel, modes comportementaux…
« La médiation est l’outil naturel de clarification de la relation entre deux individus. C’est notre socle. »
C’est aussi tout l’intérêt de cette démarche portée par le CIMA : faire sortir les outils de la médiation de la seule caisse à outils du médiateur.
Car on n’a pas besoin de vouloir devenir médiateur pour apprendre à mieux écouter, mieux comprendre une situation ou repérer les signaux annonciateurs d’une tension.
Voir plus tôt. Comprendre mieux. Agir autrement.
Une fois revenu dans son entreprise après avoir suivi cette formation, qu’est-ce qu’un participant doit être capable de faire différemment ?
D. B.-R. : J’aimerais qu’il ait acquis un cheminement.
– D’abord, repérer. Voir qu’une situation mérite son attention avant qu’elle ne se dégrade.
– Ensuite, analyser et comprendre ce qui se joue.
– Puis vient une étape essentielle : choisir son positionnement. Parce que nous avons parfois tendance à réagir de manière automatique alors qu’une même situation peut appeler plusieurs réponses.
– Et enfin, passer à l’action.
« Repérer. Analyser. Comprendre. Choisir son positionnement. Puis agir. »
L’idée n’est donc pas de repartir avec une recette à appliquer systématiquement. Nous transmettons plusieurs outils, plusieurs méthodes, plusieurs protocoles qui forment un ensemble cohérent.
Le participant doit pouvoir se dire : « Je comprends mieux la situation. Je sais quelles possibilités s’offrent à moi. Maintenant, je peux choisir comment intervenir. »
Ce travail touche aussi un sujet particulièrement sensible dans les organisations : la circulation de l’information. Entre collaborateurs, managers et direction, les messages se transforment, se perdent ou ne remontent parfois plus. Là encore, travailler la relation permet de travailler le fonctionnement même de l’organisation.
Vous ne présentez pourtant pas cette formation comme une simple “boîte à outils”. Pourquoi ?
D. B.-R. : Parce que l’outil ne suffit pas. Je tiens beaucoup au caractère expérientiel de cette formation. Je ne veux pas être dans une logique descendante où je transmets un concept, puis un autre.
Je transmets un concept et nous allons immédiatement le confronter à une situation concrète. Les participants arrivent avec leur expérience, leurs interrogations, parfois une situation qu’ils vivent en ce moment même. Et c’est là qu’il se passe quelque chose.
À mesure que nous avançons, certaines situations vécues se relisent autrement. Des comportements deviennent plus compréhensibles. Des réactions prennent un autre sens. De nouvelles possibilités apparaissent.
« Ça clignote à tous les étages ! », dit Delphine en souriant.
La formule est imagée, mais elle traduit bien ce qu’elle recherche : le déclic qui transforme un concept en compréhension personnelle.
« Je vois les gens avancer, franchir des caps. Il y a un vrai parcours. »
Pourquoi avoir choisi un format en petit groupe, entre pairs ?
D. B.-R. : Parce que l’expérience des autres est extrêmement riche.
Une situation apportée par un participant peut faire écho chez un autre. Chacun observe, questionne, expérimente. On découvre aussi qu’un même problème peut être regardé de plusieurs manières. Cette dynamique collective est essentielle.
C’est pourquoi nous avons conçu un parcours avec un premier socle de deux jours consécutifs, qui peut ensuite être prolongé par trois journées distinctes, espacées dans le temps.
Entre deux sessions, les participants retournent sur le terrain. Ils testent, observent, expérimentent. Puis ils reviennent avec ce qu’ils ont vécu.
La formation accompagne ainsi une progression, plutôt qu’une accumulation de connaissances.
Dans une période où beaucoup d’entreprises ont d’autres urgences, est-ce vraiment le moment d’investir dans la relation humaine ?
D. B.-R. : Je dirais que c’est précisément dans les périodes difficiles que cette question devient essentielle.
Quand l’environnement extérieur est incertain, l’entreprise a d’autant plus besoin de pouvoir compter sur une stabilité interne, sur de la cohésion, sur des personnes capables de travailler ensemble.
On présente encore parfois les sujets humains d’un côté et les sujets économiques de l’autre. Je ne crois pas à cette séparation.
Que coûte une équipe démotivée ? Une tension qui dure ? Des collaborateurs qui ne communiquent plus correctement ? Une information importante qui ne circule pas ?
« La santé humaine et la santé économique de l’entreprise sont les deux faces d’une même médaille. »
Former celles et ceux qui ont la responsabilité d’autres personnes à mieux comprendre les relations humaines n’est donc pas un supplément de confort. C’est leur donner davantage de moyens pour prévenir plutôt que réparer, comprendre plutôt que réagir et intervenir avant que la relation ne se transforme en conflit.
Faire entrer la culture de la médiation dans l’entreprise
Avec cette nouvelle formation, le CIMA poursuit une ambition : transmettre la culture et les outils de la médiation au-delà du cercle des médiateurs.
Dirigeants, managers, responsables d’équipe : apprenez à mieux comprendre les relations humaines, prévenir les tensions et choisir la posture adaptée pour agir.
Parce que mieux travailler ensemble, ça s’apprend aussi.
FORMATION : Développer ses compétences relationnelles en tant que dirigeant ou manager
De la médiation à une approche globale des relations humaines pour mieux comprendre et agir
FORMATRICE : Delphine Bressy-Ränsch
MODALITES : 2 jours consécutifs et en option : parcours de 3 jours (à raison d’un jour par mois)
👉 Envie de découvrir la formation ou de vous préinscrire ? Contactez le CIMA :
📞 04 78 28 26 70
✉️ contact@cima-mediation.com

Delphine Bressy-Ränsch
Avocate pendant vingt-trois ans, médiatrice depuis 22 ans, Delphine Bressy-Ränsch est entrée dans la vie professionnelle par la porte du conflit. À force d’observer les mêmes schémas se rejouer dans tous les environnements de travail, elle a compris que le curatif arrivait toujours trop tard : la véritable transformation se joue en amont, dans la compréhension de ce qui se joue entre les individus et dans la qualité quotidienne de la relation.
Elle a d’abord éprouvé cette conviction sur elle-même au travers d’un parcours personnel de recherche et de transformation. Une partie de ce travail est consigné dans Mon corps a toujours raison (Éditions Le Mercure Dauphinois) : appliquer la méthode de la médiation à soi-même pour faire dialoguer en conscience le mental, les émotions, le corps et l’âme. Pour faire le clair en soi et retrouver son pouvoir d’agir. Ce livre est la matrice théorique de tout ce qu’elle propose aujourd’hui aux organisations — car on ne peut accompagner durablement la relation aux autres sans avoir d’abord travaillé la relation à soi.
Aujourd’hui, elle a créé son organisme de formation « Essence de l’Être », dédié à la formation continue des adultes. Désormais, elle aide les entreprises et les organisations à passer de la gestion des conflits à la qualité durable de la relation humaine — par la formation, l’accompagnement et l’intelligence collective. Animée par la conviction que la santé économique d’une entreprise ne peut s’affranchir de la santé humaine de ceux qui la composent, car elle en découle, elle a construit une méthode qui ne se contente pas de résoudre les conflits, mais dont l’objectif est de fournir aux participants des clés de compréhension des interactions entre les individus, des outils d’analyse des situations et des moyens d’agir afin d’adresser les enjeux liés à la relation humaine.
https://www.bressyransch.com/fr/

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